Cadre légal

Hijama au Maroc : cadre et pratique

Cabinet médical lumineux à Rabat préparé pour une séance de Hijama

Au Maroc, la Hijama fait partie du paysage. On la pratique en famille, dans des cabinets, des centres spécialisés et parfois des herboristeries, surtout aux jours recommandés de la Sunna. Cette popularité est une richesse. C'est aussi un défi : tout le monde ne la pratique pas avec la même rigueur.

Ce guide fait le point sur la pratique au Maroc : le cadre, les risques à connaître, comment choisir son praticien et où se former sérieusement.

Cet article est une information générale, à vérifier auprès des autorités compétentes pour toute situation professionnelle.

Une pratique profondément ancrée

La Hijama s'inscrit au Maroc dans une double tradition : la médecine prophétique, avec les hadiths qui la recommandent, et la médecine traditionnelle transmise de génération en génération. Beaucoup de Marocains en ont fait l'expérience, et la demande reste forte aux jours du 17, 19 et 21 du mois hégirien (voir Jours recommandés pour la Hijama).

Ces dernières années, une nouvelle génération de patients est apparue, plus exigeante. Elle veut du matériel à usage unique, un praticien formé et un cadre médical.

Le cadre légal

L'exercice de la médecine

La loi n° 131-13 relative à l'exercice de la médecine réserve l'exercice médical aux médecins inscrits à l'Ordre national des médecins. Les actes invasifs, dont les incisions de la Hijama humide, relèvent en principe de ce cadre.

Une pratique peu encadrée spécifiquement

À ce jour, la Hijama ne fait pas l'objet, à notre connaissance, d'un statut professionnel spécifique au Maroc. Il en résulte une grande diversité de pratiques. Certaines sont exemplaires, d'autres posent de vrais problèmes d'hygiène. Le sujet est régulièrement évoqué par les professionnels de santé et les autorités, et une évolution de l'encadrement reste possible.

Les déchets médicaux

La loi n° 28-00 sur la gestion des déchets et son décret d'application sur les déchets médicaux et pharmaceutiques imposent une filière spécifique pour les déchets de soins : lames, compresses souillées, ventouses contaminées. Un praticien sérieux dispose de collecteurs adaptés et d'une solution d'élimination conforme.

Les risques d'une Hijama mal pratiquée

Ils ne tiennent pas à la Hijama elle-même, mais aux conditions dans lesquelles elle est réalisée :

  • infections cutanées dues à un matériel mal stérilisé ou réutilisé ;
  • transmission d'hépatites (B, C) ou du VIH lorsque des lames ou des ventouses sont réutilisées, un risque réel et documenté dans les pratiques à mauvaise hygiène ;
  • malaises chez des patients anémiés, à jeun ou sous traitement ;
  • saignements prolongés chez les patients sous anticoagulants ;
  • cicatrices dues à des incisions trop profondes.

Tous ces risques sont évitables avec une formation sérieuse et un protocole rigoureux (voir Hygiène en Hijama : le protocole de sécurité et Contre-indications de la Hijama).

Comment choisir son praticien au Maroc

Avant votre séance, vérifiez que le praticien :

  • ✅ ouvre devant vous des ventouses et des lames à usage unique ;
  • ✅ porte des gants neufs et désinfecte votre peau ;
  • ✅ vous interroge sur vos traitements, vos maladies, une éventuelle grossesse ;
  • ✅ dispose d'un collecteur jaune pour les objets tranchants ;
  • ✅ travaille dans un local propre ;
  • ✅ ne vous promet pas de guérison miraculeuse ;
  • ✅ peut vous dire où et auprès de qui il s'est formé.

Si l'un de ces points manque, n'hésitez pas à partir.

Se former sérieusement à Rabat

C'est à Rabat, dans le quartier Hassan, qu'exerce le Dr Moloud AIT M'HAMMED, médecin généraliste. Il pratique la Hijama depuis plus de 20 ans et a réalisé plus de 10 000 actes. Diplômé de la faculté de médecine d'Amiens, il a exercé en hématologie-cancérologie et en médecine interne à Paris avant de s'installer au Maroc. Il forme des praticiens depuis plus de 10 ans et a formé plus de 500 personnes à travers le monde.

Sa formation combine :

  • plus de 18 h de vidéos théoriques et pratiques : fondements scientifiques, médicaux et religieux ;
  • des démonstrations filmées de A à Z et commentées ;
  • les règles d'hygiène, l'organisation de l'espace de soin et la démarche diagnostique ;
  • une évaluation par QCM et une évaluation pratique ;
  • 9 modules et 75 leçons ;
  • et, pour les élèves qui rédigent un mémoire dans l'année, une après-midi d'immersion au cabinet à Rabat, seul ou en binôme.

Pour les élèves marocains, cette immersion est un vrai atout : vous voyez la pratique quotidienne d'un cabinet médical, avec de vrais patients et un protocole rigoureux.

Les débouchés au Maroc

  • Professionnels de santé (médecins, infirmiers) : proposer une Hijama médicalisée, très demandée par des patients qui cherchent la sécurité.
  • Pratique familiale : pratiquer pour ses proches aux jours de la Sunna, avec un protocole sûr.
  • Praticiennes : la demande féminine est particulièrement forte (voir Formation Hijama pour les femmes).

Pour une activité professionnelle, vérifiez toujours le cadre applicable à votre statut (voir Devenir praticien Hijama).

Questions fréquentes

La Hijama est-elle légale au Maroc ?

Elle est largement pratiquée et n'est pas interdite en tant que telle. Les actes invasifs relèvent toutefois des règles sur l'exercice de la médecine (loi 131-13), et les déchets de soins d'une filière spécifique.

Où se former à la Hijama au Maroc ?

La formation de l'Institut Hijama est conçue par le Dr Moloud AIT M'HAMMED, médecin à Rabat. Elle se suit en ligne et propose une immersion au cabinet à Rabat, sous condition de mémoire.

Combien coûte la formation ?

449 €, payables en une fois ou en deux fois 224,50 € sans frais, par paiement sécurisé.

Comment contacter le cabinet ?

Par téléphone au +212 (0)5 37 72 99 84 ou via la page contact.