Pratique

Contre-indications de la Hijama : la liste complète

Praticien remplissant une fiche patient avant une séance de Hijama

La Hijama est une pratique sûre lorsqu'elle est réalisée chez la bonne personne, au bon moment. La plupart des incidents rapportés ne viennent pas de la technique elle-même, mais d'une contre-indication qui n'a pas été repérée.

Savoir dire non, ou « pas maintenant », est donc la première compétence d'un praticien. Voici la liste complète des contre-indications de la Hijama et des situations qui demandent des précautions.

⚠️ Cet article est une information générale. En cas de doute sur votre situation, demandez l'avis de votre médecin avant toute séance.

Contre-indications absolues ou majeures

Dans ces situations, la Hijama, surtout humide, ne doit pas être pratiquée, sauf avis médical explicite et cadre médical adapté.

Troubles de la coagulation et traitements anticoagulants

  • hémophilie et autres maladies de la coagulation ;
  • anticoagulants (AVK, anticoagulants oraux directs, héparines) ;
  • antiagrégants plaquettaires (aspirine au long cours, clopidogrel…) : prudence et avis médical ;
  • taux de plaquettes bas (thrombopénie).

Le risque : un saignement prolongé et des hématomes. C'est la raison pour laquelle il faut toujours demander la liste des médicaments.

Anémie

Une anémie avérée, qu'elle soit ferriprive ou d'une autre origine, contre-indique la Hijama humide. Signes d'alerte : fatigue importante, pâleur, essoufflement, vertiges, règles très abondantes.

Maladies graves évolutives

  • cancer en cours de traitement (chimiothérapie, radiothérapie) ;
  • insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique sévère ;
  • immunodépression importante (traitements immunosuppresseurs, maladie avancée).

Dans ces situations, toute décision relève du médecin traitant.

Infection aiguë et fièvre

On reporte la séance en cas de fièvre, d'infection en cours ou d'état grippal.

Problèmes de peau sur la zone

Plaie, brûlure, infection cutanée, eczéma ou psoriasis en poussée, lésion suspecte : on ne pose jamais une ventouse dessus.

Contre-indications relatives : prudence et adaptation

Ces situations n'interdisent pas toujours la Hijama, mais elles imposent une évaluation, des précautions, et souvent un avis médical.

SituationPrécaution
GrossesseGénéralement déconseillée, surtout au 1er trimestre ; certaines zones sont proscrites ; avis médical indispensable
RèglesLa Hijama humide est souvent reportée après les règles
DiabèteCicatrisation plus lente et risque infectieux accru ; diabète bien équilibré et hygiène renforcée
HypotensionRisque de malaise ; patient allongé, collation, séance courte
Personne âgée fragilePeau fine, traitements multiples ; dépression douce, peu de ventouses
EnfantRarement indiquée ; si elle l'est, uniquement dans un cadre très encadré et avec un avis médical
VaricesJamais de ventouse sur les veines variqueuses
Tendance aux chéloïdesRisque de cicatrices visibles ; Hijama humide à éviter ou à discuter
ÉpilepsiePrudence, pas de séance en cas de crise récente
Don du sang récentAttendre avant une Hijama humide
Anxiété importante, phobie du sangRisque de malaise vagal ; préparation et installation allongée

Les situations « pas aujourd'hui »

Certaines situations imposent simplement de reporter la séance :

  • jeûne prolongé sans collation, avec un risque d'hypoglycémie et de malaise ;
  • au contraire, repas copieux juste avant ;
  • grande fatigue, manque de sommeil ;
  • déshydratation, forte chaleur ;
  • effort physique intense juste avant ou juste après ;
  • consommation d'alcool récente.

Voir Avant et après une séance de Hijama : consignes au patient.

Hijama sèche : moins de contre-indications, mais pas aucune

Sans incision, la ventouse sèche supprime le risque infectieux lié au sang. Elle reste toutefois déconseillée :

  • sur une peau lésée ou fragile ;
  • chez les patients sous anticoagulants, en raison du risque d'hématomes importants ;
  • sur les varices ;
  • sur le ventre et le bas du dos de la femme enceinte.

Voir Hijama sèche ou humide : quelles différences ?

L'interrogatoire : 10 questions à poser avant chaque séance

  1. Avez-vous une maladie chronique ?
  2. Quels médicaments prenez-vous, y compris l'aspirine ?
  3. Avez-vous déjà saigné longtemps après une coupure ou une prise de sang ?
  4. Êtes-vous enceinte ou pourriez-vous l'être ?
  5. Avez-vous de l'anémie ou une fatigue inhabituelle ?
  6. Êtes-vous diabétique ?
  7. Avez-vous déjà fait un malaise lors d'une prise de sang ?
  8. Avez-vous de la fièvre ou une infection en ce moment ?
  9. Avez-vous mangé aujourd'hui ?
  10. Avez-vous des problèmes de peau sur la zone à traiter ?

Notez les réponses dans la fiche patient. Elle vous protège autant qu'elle protège le patient (voir Assurance et responsabilité du praticien Hijama).

Pourquoi c'est ce qui distingue un bon praticien

Poser des ventouses s'apprend en quelques heures. Savoir chez qui ne pas les poser demande de vraies connaissances médicales et de l'expérience. C'est pourquoi la formation de l'Institut Hijama consacre une place importante à la démarche diagnostique, avec :

  • l'expertise d'un médecin passé par l'hématologie, la spécialité des troubles du sang et de la coagulation ;
  • des cas pratiques réels issus de plus de 10 000 actes ;
  • une évaluation pratique pour valider votre raisonnement avant de vous lancer.

Questions fréquentes

Peut-on faire la Hijama sous anticoagulants ?

La Hijama humide est contre-indiquée sous anticoagulants, sauf avis médical explicite dans un cadre adapté. La ventouse sèche expose aussi à des hématomes importants.

Une femme enceinte peut-elle faire la Hijama ?

Elle est généralement déconseillée, surtout au premier trimestre. Certaines zones sont proscrites. L'avis du médecin ou de la sage-femme est indispensable.

Un diabétique peut-il faire la Hijama ?

Un diabétique bien équilibré peut, selon l'avis de son médecin, envisager une séance avec une hygiène renforcée et une surveillance de la cicatrisation. Un diabète mal équilibré est une contre-indication.

Quels sont les dangers de la Hijama ?

Les principaux risques sont le malaise, l'infection, le saignement prolongé et les cicatrices. Ils sont en grande partie évitables grâce au repérage des contre-indications et à une hygiène rigoureuse.