La Hijama se pratique dans toute la francophonie, mais les règles changent d'un pays à l'autre, et parfois d'une région à l'autre. Ce qui est admis à Genève ne l'est pas forcément à Bruxelles ou à Montréal.
Voici un panorama clair pour la Belgique, la Suisse et le Canada. Il vous aidera à savoir dans quel cadre vous pouvez vous former, pratiquer ou consulter.
Ces informations sont générales et peuvent évoluer. Avant toute pratique professionnelle, vérifiez votre situation auprès des autorités de santé compétentes, de votre ordre professionnel ou d'un juriste.
Le principe commun aux trois pays
Partout, on retrouve la même logique :
- La Hijama n'est pas une profession reconnue en tant que telle.
- Les actes invasifs (incisions, prélèvement de sang) sont encadrés par les lois sur l'exercice de la médecine et des professions de santé.
- La ventouse sèche, non invasive, bénéficie d'un cadre plus souple, surtout sans diagnostic ni promesse thérapeutique.
- Les déchets de soins contaminés doivent suivre une filière spécifique.
Belgique
Le cadre général
L'exercice des professions de santé est régi par la loi coordonnée du 10 mai 2015 relative à l'exercice des professions des soins de santé. L'exercice de la médecine y est réservé aux titulaires du diplôme requis et d'un visa, et l'exercice illégal est sanctionné.
La loi dite « Colla » du 29 avril 1999 a prévu un cadre pour quatre pratiques non conventionnelles : l'homéopathie, la chiropraxie, l'ostéopathie et l'acupuncture. La Hijama n'en fait pas partie.
En pratique
- Hijama humide : elle implique des incisions et relève en pratique du champ médical. Un non-professionnel de santé qui la pratique s'expose à des poursuites pour exercice illégal.
- Hijama sèche : elle est couramment proposée dans le champ du bien-être, sans diagnostic ni visée thérapeutique.
- Professionnels de santé : médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, chacun dans son champ de compétence et avec l'accord de son assureur.
La demande est très forte à Bruxelles, Liège, Anvers ou Charleroi, et les praticiens formés sérieusement, en particulier les praticiennes, restent peu nombreux.
Suisse
Un système cantonal
En Suisse, la santé relève largement des cantons. Les conditions d'exercice des thérapeutes non médecins varient donc de Genève à Vaud, en passant par Neuchâtel, Fribourg ou le Valais. Certains cantons exigent une autorisation pour certaines pratiques, d'autres non.
Les médecines complémentaires sont reconnues
La Suisse accorde une place importante aux médecines complémentaires :
- il existe un diplôme fédéral de naturopathe, avec notamment une orientation « médecine traditionnelle européenne » (MTE), où les techniques de ventouses ont leur place ;
- des registres comme ASCA ou RME référencent des thérapeutes, ce qui conditionne souvent le remboursement par les assurances complémentaires.
En pratique
- Hijama sèche : largement pratiquée par des thérapeutes, souvent dans le cadre de la MTE ou du massage.
- Hijama humide : acte invasif, soumis aux règles cantonales. Renseignez-vous auprès du service de la santé publique de votre canton avant toute pratique professionnelle.
- Remboursement : il dépend de votre assurance complémentaire et du statut du thérapeute.
Canada
Une compétence provinciale
Au Canada, la réglementation des professions de santé relève des provinces. Il n'y a donc pas une règle canadienne, mais des règles québécoises, ontariennes, albertaines…
Québec
Le Code des professions et la Loi médicale réservent certaines activités aux médecins et aux membres des ordres professionnels. Les activités invasives relèvent de ce cadre, et l'exercice illégal est poursuivi. La Hijama humide pratiquée par une personne qui n'est pas membre d'un ordre habilité pose donc un problème. La ventouse sèche est proposée par des massothérapeutes et d'autres praticiens.
Ontario
La loi de 1991 sur les professions de la santé réglementées (Regulated Health Professions Act) définit des actes autorisés (controlled acts), réservés aux professionnels habilités. L'un d'eux vise les interventions sur les tissus situés sous le derme. Les incisions de la Hijama humide sont superficielles, mais la frontière est délicate : renseignez-vous auprès de l'ordre concerné.
Ailleurs au Canada
Chaque province a sa propre loi et ses propres ordres. Vérifiez auprès de l'ordre professionnel de votre province.
Le tableau récapitulatif
| Belgique | Suisse | Canada | |
|---|---|---|---|
| La Hijama est-elle une profession reconnue ? | Non | Non en tant que telle (mais MTE reconnue) | Non |
| Hijama sèche | Pratiquée en bien-être | Largement pratiquée | Pratiquée (massothérapie, bien-être) |
| Hijama humide | Champ médical | Règles cantonales | Actes réservés selon la province |
| Qui contacter ? | SPF Santé publique, Ordre des médecins | Service cantonal de la santé | Ordre professionnel provincial |
Se former depuis l'étranger
Le cadre légal définit ce que vous pouvez faire. La formation définit comment vous le faites. Dans tous les cas, vous avez besoin de :
- solides connaissances en hygiène et en contre-indications ;
- repères anatomiques précis ;
- un accompagnement pour vos premières pratiques.
La formation de l'Institut Hijama est accessible partout. Elle comprend plus de 18 h de vidéos, une évaluation et un certificat, avec des démonstrations commentées par le Dr Moloud AIT M'HAMMED. Des élèves de nombreux pays y ont déjà participé : plus de 500 personnes formées à travers le monde. Voir Formation Hijama en ligne ou en présentiel.
Questions fréquentes
La Hijama est-elle légale en Belgique ?+
Elle n'est ni reconnue ni interdite en tant que telle. La Hijama humide, qui implique des incisions, relève en pratique du champ médical. La ventouse sèche est pratiquée dans le bien-être.
La Hijama est-elle remboursée en Suisse ?+
Elle peut l'être par certaines assurances complémentaires, si le thérapeute est reconnu par les registres acceptés par votre assurance. Renseignez-vous auprès d'elle.
Peut-on pratiquer la Hijama au Québec ?+
La ventouse sèche est couramment proposée. La Hijama humide est une activité invasive encadrée par la Loi médicale et le Code des professions : vérifiez votre situation auprès de votre ordre professionnel.
La formation est-elle valable dans tous les pays ?+
Le certificat atteste votre formation, où que vous soyez. Il ne remplace pas une autorisation d'exercer, qui dépend de la réglementation locale.


